vendredi 18 juillet 2008

Nord Katanga:Enseignement,répartitions inégales


L’enseignement est inégalement réparti dans le Nord-Katanga.

Dans beaucoup de contrées au Nord-Katanga, il faudrait avoir accompli une centaine de km pour retrouver une école. La dite école se résume, parfois, en 2 ou 3 salles de classes du cycle primaire. Dans les centres urbains, par contre, les écoles tant publiques que privées foisonnent et les inégalités en matière de répartition scolaire existent.

Beaucoup de disparités en matière d’implantation des écoles

C’est, malheureusement, la réalité aujourd’hui dans le Nord Katanga. Tenez, pendant presqu’un mois, nous venons de sillonner le Nord-Katanga. Le constat est le même : dans beaucoup de contrées, il n’existe pratiquement pas d’écoles dans un rayon de cent kilomètres. Comme, par exemple, sur l’axe nord Kalemie-BENDERA, le chef de poste d’encadrement administratif de BENDERA, à 125 km de Kalemie, dit ne compter que deux écoles primaires dans son entité.
Le Chef de Poste TENTEKWA KIBAKAZYA, affirme que l’entité n’a vraiment pas d’écoles entre Mapanda et Bendera.. Seules deux écoles fonctionnent dans chaque village soit une distance de 120 km sans écoles. Le Chef de poste d’encadrement sollicite que les populations qui vivent dans cette région soient assistées par la construction des écoles.

Beaucoup de contrées rencontrent les mêmes difficultés et se retrouvent presque dans la même situation. Un peu plus au Nord-ouest de Kalemie, le poste d’encadrement administratif de NYEMBA, à 135 km, avec environ cinquante mille habitants, est dans une situation semblable. A Nyemba, centre, il y a deux écoles primaires. Une école catholique et une autre de la communauté Garenganze. Aucune école secondaire n’existe dans cette entité de NYEMBA. Madame Anastasie Kalonda, cheffe de Chefferie BENZE, qui déplore cette situation indique que les élèves de classes de 6e année ne savent où aller pour entamer leur école secondaire. Et pourtant, poursuit-elle, les femmes du village travaillent beaucoup et se disent prêtes pour payer les frais scolaires mais leurs efforts sont bloqués. Il faut pour cela que les enfants quittent le village et aillent à Kalemie. Il y a des billets qu’il faut pour le transport des enfants. Il y a des frais supplémentaires qu’il faudra prévoir. Les familles qui n’ont pas de parentés dans des centres villes voient leurs enfants chômer et devenir des cultivateurs sans le vouloir. Ces femmes ont besoin d’apprendre aussi. conclut-elle. Ensuite, la Cheffe de chefferie demande pour son entité une école secondaire et un centre d’alphabétisation des femmes.

Ainsi environ 60 élèves sont-ils contraints de partir de NYEMBA, cette année, soit pour NYUNZU à 55 km de là, soit pour Kalemie, à135 km, pour y commencer leurs études secondaires. C’est du moins pour des enfants qui savent partir. L’aventure scolaire s’arrête donc pour ceux qui n’ont pas de familles à Kalemie ou à Nyunzu, regrette le Directeur de l’Ecole Primaire 2 IDAYA. Le Directeur NKONGWA NGOY plaide pour l’implantation d’une école secondaire à NYEMBA pour résoudre ce problème. Beaucoup d’enfants disent qu’ils n’ont pas le choix, c’est, donc, de la résignation pour eux.

Causes de toutes ces disparités en matière d’implantation des écoles

La plupart de responsables scolaires interrogés citent surtout la guerre pour expliquer cet état des choses. La guerre a été à la base de la délocalisation de certaines écoles vers les grands centres dans le Nord-Katanga. Par ailleurs, le Directeur NKONGWA NGOY a même évoqué l’une des recommandations des travaux de la dernière promotion scolaire. Celle-ci aurait exigé le retour de ces écoles dans leur milieu d’origine.

Toutefois, il y a lieu de préciser que certaines contrées du Nord Katanga étaient dans cette situation longtemps avant la guerre. Lorsqu’on s’éloigne de NYEMBA, par exemple, on prend la route vers le Territoire de Manono. A 175 km de Kalemie, dans la localité LUHONGE, c’est un enseignement de type informel qui y est organisé depuis prés de 30 ans, et cela dans un rayon de 40 km. Un homme, en effet, y a monté une école depuis 1979. Lui-même détient seulement un certificat de fin d’études primaires obtenu en 1971 à Kalemie. Pour l’année scolaire 2007-2008, il encadre 200 élèves avec quatre collaborateurs. Certains des enfants viennent chaque matin suivre les cours des villages situés à 4 à 7km de Luhonge. L’enseignement est dispensé sans manuels scolaires et sans programmes scolaires. L’EP Luhonge compte quatre salles de classes : deux salles de 1ere, une 2e et une 3 e. Apres la 3e année, les enfants qui le peuvent sont dirigés vers les deux écoles primaires de NYEMBA à 40 km de là pour y poursuivre leur cycle primaire. En 30 ans d’activités, cet homme n’est encouragé que par les parents qui lui remettent qui, deux cossettes de manioc, qui 2oofrancs congolais, par mois et par enfants.

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